Category Archives: Ideas

Attempt to retire a word

In their science-based fiction  « The Collapse of Western Civilisation », American scientists Naomi Oreskes and Erik M. Conway suggest discarding a few words that in their view clutter the debate about climate change by perpetuating an adherence to obsolete concepts. In a different way, in 1881, Flaubert proposed  » Le dictionnaire des idées reçues  » in its unfinished satirical text « Bouvard et Pécuchet », hoping society would rise to a more demanding level of conversation.

Here is, for instance, what Oreskes and Conway write under « Capitalism », an entry sandwiched between « Bridge to Renewables » and « Carbon-Combustion Complex »:  » A form of socioeconomic organization that dominated Western Europe and North America from the sixteenth to the twentieth centuries, in which  the means of production and distribution of goods and services were owned either by individuals or by government – chartered legal entities called  » corporations ». (…) The separation of work from ownership produced a concentration of wealth amongst a tiny elite, who could then purchase more favorable laws and regulations from their host governments. One popular notion about capitalism of the period was that it operated through a process of creative destruction. Ultimately, capitalism was paralyzed in the face of the rapid climate destabilization it drove, destroying itself. »

In the same vein, following the French cultural theorist Pierre Levy, may I modestly suggest we basically retire the word « internet » and replace it with  » the algorithmic medium » so we can always, in a kind of in your face way, remind ourselves of what is currently at play in our connected economy. I emphasise the word economy here rather than society to stress the point that the « big data » generated today by the global network forms a large part of the fuel of our current « capitalism ».

Thus, à la Oreskes and Conway, my paragraph on the Internet would read:

 » Internet: a physical network of networks created in the early nineteen sixties to freely share academic, scientific and military research between universities and government organizations organized in a completely decentralized structure and with no formal governance. The early internet was founded on self-accepted rules of behavior, values in other words. Aside a « savoir-faire » of civility, codified in what was called « netiquette, » strong not for profit, noncommercial ethics was underlying the entire project. A late internet era, loosely referred to as « Web 2.0 » saw the expansion and the democratization of the Internet; the number of people connected to the network reached billions, all accepting willingly to share their most intimate thoughts. Thus « big data » was created, lots of it as this visualisation shows.  The amount of data carried grew exponentially at such a rate that it could only be processed by algorithms initially developed by small start-up companies that quickly became enormous conglomerate concentrating in a few hands an amount of wealth and power unprecedented in the history of mankind. The particularity of the system was that the data was supplied for free by the users of the Internet while it was sold by private the companies, some of them so large and powerful that they often negotiated directly with governments.The promise of empowerment at the core of the invention of the personal computer, leading to a more equal society was sneered at as naïve. Massive unauthorized surveillance by governments in the name on the war on terror finished the job of completely debasing the fundamentals of the early internet.  The Internet as an experiment of decentralization of power, economic and political, thus died.  It was replaced by the « algorithmic medium » which today defines our digital condition. »

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Nous sommes les médias.

La presse et les médias, c’est aussi nous !

Croyez-moi : quelque chose de très profond est en train de se passer dans ce qu’il convient d’appeler l’écosystème médiatique et informationnel. Les médias traditionnels sont bousculés, défiés, et très souvent, enrichis, par la rue. Oui, la rue. Nous, vous et moi. En réalité, un nombre croissant d’entre nous passons désormais régulièrement à l’acte : nous prenons la parole. Peut-être souhaitions-nous le faire depuis longtemps ; mais nous n’en avions ni les moyens ni les outils. Nous pouvons aujourd’hui le faire gratuitement ou pour des coûts dérisoires. Des logiciels libres comme MovableType ou Dotclear nous permettent une gestion professionnelle de nos publications, leur classement, leur archivage.

Prendre la parole

Les exemples de cette prise de parole foisonnent. La presse et les médias ne nous offrent aucun espace d’expression ou de représentation ? Nous le créons, ailleurs, différemment, en inventant nos propres règles, guidés par nos envies, nos passions, nos besoins, nos intérêts. C’est la blogosphère, théâtre inédit d’un foisonnement bruyant de voix singulières et d’expertises insoupçonnées. Faites un tour sur Pointblog, un blog sur les blogs, pour vous familiariser avec ce monde si vous ne le connaissez pas. Ce sont les sites vitrines : quand la fête est belle, mais que les canards popus et boiteux ne couvrent, semaine après semaine, que les bals, les coquetèles et les nuits des éternels mêmes 50 « people », nous, nous publions nos photos sur nos sites et, attirés par des millions de pages vues, les publicitaires nous suivent. Tillate fait ça. Ou nuit.ch qui montre avec élégance le foisonnement créatif de la culture urbaine. Nous ne sommes plus connectés au net mais par le net : nous y créons collectivement des cathédrales du savoir comme l’encyclopédie libre et multilingue Wikipedia Demain, le « journalisme citoyen » local ou global, encore naissant aujourd’hui, viendra enrichir l’information institutionnelle offerte par la presse et les médias certifiés. « Parce que je comprends mal pourquoi il est plus facile de savoir ce qui se passe à l’étranger que dans mon quartier » dit l’une de ses adeptes.

Dans sa première incarnation, disons le net version 1.0, c’était Google et de l’e-mail. Mais ses utilisateurs ont complètement réinventé la toile. Le net 2.0 ? Une extraordinaire machine à créer, à faire du sens : nous sommes, aussi, la presse et les médias.

(Publié sur le site bluewin.ch )

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« Plus nous avons globalisé le monde, plus nous avons perdu la compétence de le penser synthétiquement. […]Nous pouvons nous transporter par la pensée dans tous les points du monde en même temps, nous ne savons plus les relier entre eux. »

J’emprunte cette citation à Christophe Gallaz, dans « Le Matin » du 29 mai. Gallaz dit et pense bien. Suivre le cheminement de sa pensée nous oblige à nous resituer, dans le temps et l’espace. Ces deux phrases sont assez emblématiques de son désamour de l’époque. Ce dont il ne cesse en réalité de parler, c’est du temps, de son accélération, des effets de celle-ci sur nos vies. Gallaz résiste là où précisément j’aime être : dans le vertige créé par l’impossibilité complète de penser, seul, le monde de manière globale. Mais peut-être faut-il s’entendre ; c’est bien cette impossibilité qui est aujourd’hui intéressante : elle met à mal le Je, la centralité, au profit d’une pensée collective, contributive. En récrivant Gallaz, je dirais donc « Plus nous avons globalisé le monde, plus nous sommes contraints de le penser collectivement ». Ainsi, il s’agit moins de « nous transporter dans tous les points du monde par la pensée » que de nous laisser nourrir par la pensée des autres.

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Uploader son cerveau sur le réseau. Un jour peut-être.

« Ca n’est pas irréaliste de penser que d’ici à 2050, nous serons capables de uploader nos cerveaux sur une machine. » La prédiction ne vient pas de n’importe qui, mais en l’occurence du patron de la recherche de BT, British Telecom. Ian Pearson a des lettres de noblesse: il est mathématicien et physicien et, à 44 ans, passe pour l’un des plus brillants futurologue de sa génération. Bon, il concède tout de même que cette forme d’immortalité dont il parle sera dans un premier temps réservée aux élites en raison de son coût. « Mais en 2070, 2080, ça ce sera popularisé. » Sur easybrain.com peut-être.

Pearson a fait ses prédictions dans le quotidien anglais The Observer a l’occasion du lancement de la PS3 de Sony.  » En terme de sophistication, cette machine est à 1% environ des capacités de notre cerveau  » dit Pearson. « Mais par rapport aux ordinateurs d’il y a dix ans, c’est un super computer. Elle est 35 fois plus puissante que la génération précédente des consoles. La PS5 aura vraisemblalement la puissance de calcul de notre cerveau. »

Dans l’immédiat, Pearson envisage assez rapidement un monde d’intelligence ambiente, ou l’ordinateur sera à la fois invisble et omniprésent (pervasive computing). Et capable d’émotions. Je suis persuadé que nous serons capables de développer des machines dotés d’émotions affirme Perason. « Je veux faire en sorte que l’avion dans lequel je vole ait davantage peur que moi de se crasher afin qu’il s’assure que quoi qu’il arrive il continue de voler » dit-il. Ca, c’est pour 2020.

Et pour demain? Philips devrait lancer d’ici un à deux ans un écran souple d’un milimètre d’épais. A porter autour du bras. Ou du front.? Cool, baby,cool.

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J’espère que je ne vous dérange pas

En réfléchissant à l’acte de tenir un blog, de l’entretenir plutôt, une phrase du biologiste Edmond Rostand, me revient en mémoire :  » Il faut savoir se satisfaire de l’inachevé  » écrivait-il. Il parlait bien évidemment du vivant, postulant que celui-ci est un état incessant de transformation, ou plus justement en évolution. J’ai le sentiment grandissant qu’il en va de même avec les blogues, qu’en réalité leur essence même se trouve dans l’inachevé, dans l’imparfait. Bloguer n’est pas polir, bloguer n’est pas affiner, bloguer n’est pas conclure. On ne blogue que rarement « à plein-temps », on blogue précisément dans les interstices et les crevasses de nos journées, dans les plis du temps qui nous sont accordés. Surgit alors l’envie de vouloir dire, ou peut-être plus justement celle de vouloir échanger, de faire découvrir. Mais là encore, la démarche est hâtive, un peu comme s’il s’agissait simplement de dire, « tiens, regarde, il y a ça et ça », sans trop se soucier de savoir si celui à qui l’on s’adresse vous écoute ou souhaite même que vous lui parliez.

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Blogs, journalisme et démocratie.

Dans le débat journalistique d’aujourd’hui, un consensus commence cette fois à émerger : les blogues ne disparaîtront pas. Bien au contraire, leur développement, quantitatif et surtout qualitatif, se poursuit. Autrement dit, penser les médias aujourd’hui, ou plus justement la liberté d’expression et le journalisme, c’est penser les blogues. Cela est d’autant plus vrai que leur avènement est bien évidemment global. Dans les pays démocratiques, les blogs consacrés aux médias jouent souvent un rôle d’appel à la transparence. Dans les pays autoritaires, ils offrent un instrument puissant à la dissidence. Un récent papier de la BBC Online fait bien le tour de la question, peu après la condamnation d’un blogueur en Iran à 14 ans de prison.

Plus encore que sur le net, la question de la véri (raci) té se pose donc à nous avec urgence. Les médias blogs ont en effet souvent pour ambition — c’est le cas aux E.U en tout cas — « d’informer ». Leurs auteurs demandent même que leur soient offertes les mêmes libertés constitutionnelles et légales que la presse et les médias certifiés. Il y a assurément désarroi dans la profession journalistique et ça se comprend. En l’état, l’idée avancée selon laquelle pour marquer leur différence les médias traditionnels devraient commencer par mettre en avant leurs propres règles de fonctionnement me semble une manière judicieuse de contribuer au débat sans le clore.

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L’ordinateur à 100 dollars est une réalité!

Sacré Nicholas Negroponte. He did it! A Davos le fondateur du Media Lab du MIT avait lancé l’idée d’équiper les pays pauvres avec des portables à 100$. Et bien les premiers pas de ce bel effort viennent d’être franchis. Des enfants cambodgiens ont été équipés par la Fondation mise sur pied par Negroponte et quelques amis du MIT. Et selon le New York Times les premiers échos des enfants sont extraordinaires. Le projet est désormais soutenu par un nombre croissant d’équipementiers. Il a un site. La fondation OLPC ( One Laptorp Per Child ) maintient un wiki.

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« L’ergostressie »

Le Journal du Management consacre un dossier à notre rapport à ce qu’on appelle encore les NTIC, les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Je serais, pour ma part favorable, à l’abandon du mot « nouveau » au vu du fait que ces instruments ont fait leurs dents et savent marcher et qu’elles n’ont donc plus grand chose de nouveau. Ceci étant dit, le bon sens prévaut dans ces quelques pages. On y trouvera avec plaisir les réflexions d’Yves Lasfargue, un consultant français qui a développé dans ses  travaux leconcept d' »ergostressie » , le stress très particulier que peuvent parfois générer les infotechnologies.

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On parle beaucoup de ce que les technologies peuvent faire pour nous. On parle infiniment moins de ce qu’elles nous font, de leur effet sur nos vies. Plus ou moins consciemment, nous sentons bien qu’elles nous transforment, qu’elles ne sont pas « innocentes » et sans impact. Mais nous sommes encore souvent sans mots, sans concepts et sans définitions arrêtées pour en parler constructivement, honnêtement, simplement. Entre la critique dénonciatrice des « technophobes » et l’apologie asservie des « technophiles », il me paraît pourtant urgent de faire une place à ce débat. Nous vivons avec des machines. Il serait illusoire de croire que nous parviendrons à faire l’économie de l’analyse de leur intégration et de leur impact profond sur nos modes de vie, nos « je », nos « moi » et sur notre « vivre ensemble ».

Ne nous le cachons pas, le « stress technologique existe ». Il est capable d’infecter notre quotidien professionnel, de contaminer ce que nous appelons encore, faussement dans notre société constamment connectée, notre repos.

Le monde virtuel développe une accoutumance nouvelle. On peut se perdre dans les jeux vidéos ou dans le cyberespace : perdre son temps, sa tête, et sa raison. Dans leurs aspects pervers, les infotechnologies nous poussent et nous entraînent souvent de manière irrésistible dans une fuite en avant sans fin et agitée : traiter et organiser ses courriers électronique, déambuler sur le net simplement parce que « c’est là », tenter de faire façon des dernières fonctionnalités d’un nouveau logiciel, c’est souvent s’exposer à cette intense frustration que représente la perte complète de son temps. Tous les jours, nous multiplions nos propres petites mises en échec. Réfléchissons, discutons, apprenons.

Nous ne désinventerons pas les machines. Nous ne ralentirons rien. Connecté depuis le début des années 80, le « fou du net » que je suis souhaite cette discussion. Son enjeu ? Prendre conscience. Ne plus simplement être connecté « au » réseau, mais « par » le réseau. Mais il faut tenter de ne pas laisser s’installer le déséquilibre.

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