Monthly Archives: mai 2005

Couvrez ce sein que je ne saurais voir…

Ca devait arriver: vous pouvez désormais « nettoyer » vos DVD, les purger de toutes les scènes que vous condièrez comme choquantes et offensives.  » C »est assez simple, ou vous défendez le fait que c’est votre responsabilité de faire des choix ou vous acceptez qu’un réalisateur les fassent pour vous et vous les impose jusque dans votre living room » résume le CEO de ClearPlay . Son lecteur de DVD vous permet donc d’expurger les scènes violentes, le language vulgaire et les scènes de Q des productions d’Hollywood. Que dire de plus? Verrons-nous un jour où nous serons capable d’effacer nos propres mémoires?

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« Plus nous avons globalisé le monde, plus nous avons perdu la compétence de le penser synthétiquement. […]Nous pouvons nous transporter par la pensée dans tous les points du monde en même temps, nous ne savons plus les relier entre eux. »

J’emprunte cette citation à Christophe Gallaz, dans « Le Matin » du 29 mai. Gallaz dit et pense bien. Suivre le cheminement de sa pensée nous oblige à nous resituer, dans le temps et l’espace. Ces deux phrases sont assez emblématiques de son désamour de l’époque. Ce dont il ne cesse en réalité de parler, c’est du temps, de son accélération, des effets de celle-ci sur nos vies. Gallaz résiste là où précisément j’aime être : dans le vertige créé par l’impossibilité complète de penser, seul, le monde de manière globale. Mais peut-être faut-il s’entendre ; c’est bien cette impossibilité qui est aujourd’hui intéressante : elle met à mal le Je, la centralité, au profit d’une pensée collective, contributive. En récrivant Gallaz, je dirais donc « Plus nous avons globalisé le monde, plus nous sommes contraints de le penser collectivement ». Ainsi, il s’agit moins de « nous transporter dans tous les points du monde par la pensée » que de nous laisser nourrir par la pensée des autres.

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Uploader son cerveau sur le réseau. Un jour peut-être.

« Ca n’est pas irréaliste de penser que d’ici à 2050, nous serons capables de uploader nos cerveaux sur une machine. » La prédiction ne vient pas de n’importe qui, mais en l’occurence du patron de la recherche de BT, British Telecom. Ian Pearson a des lettres de noblesse: il est mathématicien et physicien et, à 44 ans, passe pour l’un des plus brillants futurologue de sa génération. Bon, il concède tout de même que cette forme d’immortalité dont il parle sera dans un premier temps réservée aux élites en raison de son coût. « Mais en 2070, 2080, ça ce sera popularisé. » Sur easybrain.com peut-être.

Pearson a fait ses prédictions dans le quotidien anglais The Observer a l’occasion du lancement de la PS3 de Sony.  » En terme de sophistication, cette machine est à 1% environ des capacités de notre cerveau  » dit Pearson. « Mais par rapport aux ordinateurs d’il y a dix ans, c’est un super computer. Elle est 35 fois plus puissante que la génération précédente des consoles. La PS5 aura vraisemblalement la puissance de calcul de notre cerveau. »

Dans l’immédiat, Pearson envisage assez rapidement un monde d’intelligence ambiente, ou l’ordinateur sera à la fois invisble et omniprésent (pervasive computing). Et capable d’émotions. Je suis persuadé que nous serons capables de développer des machines dotés d’émotions affirme Perason. « Je veux faire en sorte que l’avion dans lequel je vole ait davantage peur que moi de se crasher afin qu’il s’assure que quoi qu’il arrive il continue de voler » dit-il. Ca, c’est pour 2020.

Et pour demain? Philips devrait lancer d’ici un à deux ans un écran souple d’un milimètre d’épais. A porter autour du bras. Ou du front.? Cool, baby,cool.

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The World Is Flat / Le Monde est plat

C’est le titre du dernier livre de Thomas Friedman, mégastar-chroniqueur de politique étrangère au New York Times. Assassiné par « The Economist » qui l’a qualifié « d’épouvantable ratage » le bouquin de Friedman entend vulgariser la globalisation, la raconter dans une suite de reportages sur le terrain, au travers des choses vues. Rien de très nouveau effectivement, mais n’en déplaise aux donneurs de leçon de la City londonienne, du très bon reportage quand même; c’est vrai que Thomas Friedman a les moyens. Après tout, quel journaliste a comme lui encore le luxe de se promener dans le monde entier sans aucune limite de temps ou de budget ? J’ai donc passé outre les exhortations de « The Economist » à épargner le prix d’une assiette du jour au profit d’autres ouvrages plus experts. J’ai lu Friedman. C’est certes inégal, parfois répétitif. Mais son récit de la montée de la Chine et de l’Inde m’a laissé une fois de plus très songeur : je me demande si l’éducation que reçoivent mes filles est la bonne? Si la Suisse aguerri suffisamment ses générations futures pour assurer leur avenir. Il y a ici , malgré tout, une mollesse, une étroitesse qui me paraissent incompatibles avec l’obligation d’exceller pour vivre dans ce monde si compétitif.

Designing our future

« No longer just associated with objects and appearances, design is increasingly understood in a much wider sense as the human capacity to plan and produce desired outcomes. »

C’est une idée, un projet, une exposition à Vancouver et un livre associé publié par le designer est futurologue Bruce Mau. Je souhaiterais que ça devienne un mouvement pour tous ceux d’entre nous qui pensons en effet que nous sommes aujourd’hui capables d’imaginer et de choisir là où nous souhaitons aller en tant que société.

« Design has emerged as one of the world’s most powerful forces. It has placed us at the beginning of a new, unprecedented period of human possibility, where all economies and ecologies are becoming global, relational, and interconnected.
To understand these emerging forces, there is an urgent need to articulate precisely what we are doing to ourselves and to our world. Such is the ambition of Massive Change. »

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J’espère que je ne vous dérange pas

En réfléchissant à l’acte de tenir un blog, de l’entretenir plutôt, une phrase du biologiste Edmond Rostand, me revient en mémoire :  » Il faut savoir se satisfaire de l’inachevé  » écrivait-il. Il parlait bien évidemment du vivant, postulant que celui-ci est un état incessant de transformation, ou plus justement en évolution. J’ai le sentiment grandissant qu’il en va de même avec les blogues, qu’en réalité leur essence même se trouve dans l’inachevé, dans l’imparfait. Bloguer n’est pas polir, bloguer n’est pas affiner, bloguer n’est pas conclure. On ne blogue que rarement « à plein-temps », on blogue précisément dans les interstices et les crevasses de nos journées, dans les plis du temps qui nous sont accordés. Surgit alors l’envie de vouloir dire, ou peut-être plus justement celle de vouloir échanger, de faire découvrir. Mais là encore, la démarche est hâtive, un peu comme s’il s’agissait simplement de dire, « tiens, regarde, il y a ça et ça », sans trop se soucier de savoir si celui à qui l’on s’adresse vous écoute ou souhaite même que vous lui parliez.

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