La presse et les médias, c’est aussi nous !

Croyez-moi : quelque chose de très profond est en train de se passer dans ce qu’il convient d’appeler l’écosystème médiatique et informationnel. Les médias traditionnels sont bousculés, défiés, et très souvent, enrichis, par la rue. Oui, la rue. Nous, vous et moi. En réalité, un nombre croissant d’entre nous passons désormais régulièrement à l’acte : nous prenons la parole. Peut-être souhaitions-nous le faire depuis longtemps ; mais nous n’en avions ni les moyens ni les outils. Nous pouvons aujourd’hui le faire gratuitement ou pour des coûts dérisoires. Des logiciels libres comme MovableType ou Dotclear nous permettent une gestion professionnelle de nos publications, leur classement, leur archivage.

Prendre la parole

Les exemples de cette prise de parole foisonnent. La presse et les médias ne nous offrent aucun espace d’expression ou de représentation ? Nous le créons, ailleurs, différemment, en inventant nos propres règles, guidés par nos envies, nos passions, nos besoins, nos intérêts. C’est la blogosphère, théâtre inédit d’un foisonnement bruyant de voix singulières et d’expertises insoupçonnées. Faites un tour sur Pointblog, un blog sur les blogs, pour vous familiariser avec ce monde si vous ne le connaissez pas. Ce sont les sites vitrines : quand la fête est belle, mais que les canards popus et boiteux ne couvrent, semaine après semaine, que les bals, les coquetèles et les nuits des éternels mêmes 50 « people », nous, nous publions nos photos sur nos sites et, attirés par des millions de pages vues, les publicitaires nous suivent. Tillate fait ça. Ou nuit.ch qui montre avec élégance le foisonnement créatif de la culture urbaine. Nous ne sommes plus connectés au net mais par le net : nous y créons collectivement des cathédrales du savoir comme l’encyclopédie libre et multilingue Wikipedia Demain, le « journalisme citoyen » local ou global, encore naissant aujourd’hui, viendra enrichir l’information institutionnelle offerte par la presse et les médias certifiés. « Parce que je comprends mal pourquoi il est plus facile de savoir ce qui se passe à l’étranger que dans mon quartier » dit l’une de ses adeptes.

Dans sa première incarnation, disons le net version 1.0, c’était Google et de l’e-mail. Mais ses utilisateurs ont complètement réinventé la toile. Le net 2.0 ? Une extraordinaire machine à créer, à faire du sens : nous sommes, aussi, la presse et les médias.

(Publié sur le site bluewin.ch )

Share This: