Dans son dernier éditorial, le maire de ma charmante commune genevoise rassure ses administrés: le bulletin d’information de la commune continuera à être distribué dans sa version papier. Pour tous ceux qui ne sont pas connectés, je le cite,  » à ce bidule » qu’est l’Internet. Le net un bidule? A Genève, et c’est infiniment plus grave, la Ville refuse d’accorder une licence d’exploitation à une PME qui souhaite installer du wi-fi payant sur l’ensemble du territoire municipal. « Pas besoin de dépenser des deniers publics pour équiper la ville » dit en substance Christian Ferrazino,  » ceux qui veulent se connecter peuvent déjà le faire à tous les coins de rue, dans  des cybercafés ou ailleurs. » Cette étroitesse d’esprit exprimée dans la bouche d’un homme politique est aussi emblématique qu’inquiétante. Car s’il faut saluer la décision de Genève de participer comme ville fondatrice au « Fonds de solidarité numérique » qui a pour but de réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud, on ne peut hélas que déplorer la très profonde myopie et le silence assourdissant de notre  classe politique face aux risques pour nos sociétés développées de pas développer une politique autour de la société en réseau.

« L’accès universel à l’Internet est essentiel si nous ne tenons pas seulement à éviter des divisions sociales au sein de la nouvelle économie mais surtout si nous voulons créer l’ économie de la connaissance de l’avenir qui s’adresse à tous. »

Cette phrase est tirée d’une conférence prononcée en 2005 par Tony Blair. Elle a été reprise dans le rapport sur la stratégie numérique du gouvernement anglais. On peut toujours rêver mais on aimerait bien entendre s’exprimer une telle vision chez nous.

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